Compte-rendu de la
manifestation 2008
Communiqué du 29 Juillet
2008
La manifestation des Poètes aux
Sommets s’est déroulée pendant 5 jours au cœur de la
vallée de Chamonix avec légèreté et subtilité. Les poètes
y ont investi des lieux aussi diversifiés que les églises
et chapelles des villages depuis Chamonix jusqu’à
Vallorcine en passant par le Tour, Argentière, les Tines,
les Praz, le grand salon du Majestic, l’Ecole Nationale de
Ski et d’Alpinisme.
Ils ont pris de l’altitude en
faisant sonner les mots sur les terrasses de l’Aiguille du
Midi à 3842m sur fond d’azur et d’infini, sur le site du
Montenvers autour du Temple de la Nature où ils ont
accroché leurs messages, sur décor de cairns et de Mer de
Glace au Signal.
Au cœur de la ville, ils ont posé
leurs livres sur des tables Place de la poste.
Sur les places de l’Eglise et du
Triangle de l’Amitié, ils ont rassemblé en mobiles à
feuilleter des pages vivantes venues de tous les horizons,
et les ont décorées de la colombe de la paix dessinée par
Picasso.
Vous les avez peut-être
rencontrés, vous les avez peut-être vus passer, vous les
avez peut-être entendus chanter leur hymne composé
spécialement pour cette occasion par Marie ROBERT,
Présidente de Poètes aux Sommets, femme de paroles avec
des mots, de gestes par la danse, d’images par la
photographie, qui mobilise toute son énergie pour le
développement et le rayonnement de la Culture de la Paix.
HYMNE « Nous les Poètes »
« Nous les poètes de la
planète
Sommes venus au pied des Drus
Pour dire au monde assailli
par le bruit
Que Poésie est la vie, la
survie
Elle est présente en nos cœurs
Elan de beauté, de bonheur
Nous les poètes de la planète
Sommes présents près du
Mont-blanc
Pour engendrer avec lui
l’harmonie
Chanter, bouger, dire, danser,
exprimer
Etre l’instant de conscience
éclairée
Actrices et acteurs de la paix
… pour une civilisation
éveillée »
La manifestation était placée sous
le prestigieux parrainage de M. Fédérico Mayor, Directeur
Général de l’Unesco de 1988 à 2000 et Président de la
Fondation Cultura de Paz de Madrid.
M. Mayor, lui-même poète, avait
envoyé son message personnel en 4 textes.
Le premier intitulé « Femme »
est une constatation amère et il invite au changement de
mentalité, à la rupture avec les cultes et cultures
machistes pour un meilleur équilibre social et culturel en
notre humanité. Extrait « Femme de ta gorge montait un
chant nouveau, mais nous ne t’avons pas laissé la parole
bien que tu sois la voix de la moitié de la terre… Femme tes
yeux voyaient le monde autrement mais nous n’avons pas voulu
ni savoir ce que voyait ton regard ni en connaître la
chaleur… »
Le féminin s’était donc
particulièrement invité à la manifestation et il a rayonné
superbement dans les visages de la discrète et secrète
Aziadée Simond, de la joyeuse et dynamique Sylvie Currioz,
de la sereine et douce Nazand Beghikani du Kurdistan d’Irak,
de la charmante et très croyante Mary Ann Lackovich du
Wisconsin aux Etats-Unis, de la talentueuse lectrice et
dessinatrice Dominique Reucheron, de la diversité
représentée par Gilberte Barnaval venue de l’île de la
Réunion, de la remarquable et spirituelle pianiste
Christiane Gugger de Genève.
La gent masculine était cependant
bien représentée en la personne de Guy Créquie, poète et
philosophe, secrétaire de l’association, qui n’a pas hésité
à louer le féminin en entonnant chants sacrés et mélodies
d’amour.
Mme Janny Couttet, élue aux
affaires culturelles de la Mairie de Chamonix, a apporté un
soutien précieux et personnalisé, efficace et chaleureux, à
toute la manifestation ainsi qu’aux poètes étrangers
présents dans nos montagnes alpines.
Pendant ces journées consacrées à
l’harmonie avec la nature, à la louange de la beauté et de
la vie, à la conscience pleine et sereine de l’être humain
capable de tisser des liens utiles, profonds et essentiels,
la grâce d’un ciel d’azur lumineux et toujours radieux,
comme la formation d’un arc-en-ciel en cercle autour du
soleil à midi le 21 Juillet, ont été des cadeaux pour les
poètes, des signes de bienveillance de tout l’univers à la
hauteur de leurs efforts de communication, et des écritures
cosmiques aussi encourageantes que toutes les
reconnaissances, diplômes et distinctions de nos sociétés
aux langages codifiés.
Avec leurs textes, les poètes ont
rappelé la fragilité de l’existence humaine au sein d’une
planète mise à mal par le pillage des ressources, par les
guerres de toute nature faites à la nature humaine, faites
pour l’appropriation des richesses et non pour le partage,
le respect de nous-mêmes et de notre environnement.
A Chamonix, une conscience humaine
et poétique s’est exprimée pour créer des instants de
révélation, d’expression, d’émerveillement, de
reconnaissance de la beauté, de gratitude à la nature et à
la vie.
Depuis la contemplation de la
lumière au soleil levant jusqu’à dernière lueur du soleil
couchant, les poètes ont semé çà et là les traces d’une
nouvelle culture faite de tissages, de sens, d’humanité, de
sourires, de spiritualité et de symboles à partager.
Les avez-vous rencontrés ? La
montagne était là pour eux et avec eux. Elle n’avait ni
voilé ses sommets, ni caché ses aiguilles dans des nuages
opaques et obscurs.
Avec leurs mots, leurs langues, ils
ont fait résonner le cœur des pierres de la vallée depuis
les galets des torrents jusqu’aux flammes de pierre
élancées.
Si vous le cherchez bien du côté du
Signal au-dessus de la Mer de Glace, vous trouverez un petit
cairn dressé par Nazand et Sylvie. Il invite le marcheur à
prendre le pas et le chemin de la paix intérieure pour
qu’elle rayonne à l’extérieur.
Y aurait-il un regret à exprimer ?
Oui, celui que notre humanité en soit encore au temps de la
recherche de croissance et de consommation, dans la démesure
et la quête de la performance, alors que notre planète terre
a tant besoin que notre sensibilité éveillée et nos yeux
grand ouverts, notre sagesse humaine soient garants de
l’esprit de la cohésion et de la co-création nécessaire aux
temps à venir pour le futur de nos enfants.
Ils ont le droit de vivre en bonne
santé sur une planète saine et belle. Et les enfants poètes
Lilou, Mattéo et Naomie qui ont partagé leurs écrits au
cours de ces journées l’ont parfaitement compris bien qu’ils
ne soient âgés que de 8 ou 10 ans.
Enfin, ceux qui étaient à
l’Aiguille du Midi le 22 Juillet en début d’après-midi ont
pu assister à un récital exceptionnel, unique en son genre.
Accompagnée par le grand guide
Claude Jaccoux, Marie Robert qui est aussi alpiniste a
offert au public présent sur la terrasse San Remo rebaptisée
Mont-blanc, un spectacle simple et émouvant. Debout sur un
rocher à l’arrivée de l’Arête des Cosmiques, elle portait
les couleurs du message de son ouvrage « l’urgence d’aimer »
préfacé par Albert Jacquard, le rouge pour l’effervescence
de la vie, le blanc pour la clarté et la lumière, le bleu
pour l’eau, les mers, les océans de la planète bleue.
Intégrée dans le paysage de la nature forte d’une montagne
qu’elle fréquente et qu’elle aime, elle a récité deux de ses
poèmes « Un sommet pour la paix » suivi de « Guide mon
ami ». Elle a ainsi rendu hommage aux gens de la montagne et
au métier de guide, à la montagne qui l’inspire et au
Mont-blanc qu’elle a gravi trois fois pour la paix, en août
1990 lors la menace de la première guerre d’Irak, à skis en
1992, et en juin 1994 pendant la guerre d’ex-Yougoslavie
avec une cordée de cinq alpinistes de l’armée de Sarajevo
venus de Bosnie Herzégovine.
Les femmes qui ont repris leur
parole ne se taisent plus. A partir des sommets, leurs voix
ont résonné et elles résonneront encore haut et fort vers
tous les coins de la terre.
Que l’écho, les vents et les sables
emportent ces voix et ces sonorités très loin, jusqu’en
Chine, jusqu’au Tibet, jusqu’aux peuples qui aspirent à la
dignité et à la liberté d’expression, à la reconnaissance de
leurs cultures et de leurs spécificités, lorsque celles-ci
ne portent pas atteinte aux droits élémentaires de la
personne humaine ! |